21 mai, 2020

Le yoga, une clé pour améliorer notre santé

Grâce à l'épigénétique, la science démontre que le yoga agit comme une clé pour améliorer notre santé.

Ses bienfaits sont multiples : réduction des inflammations, de la douleur, des troubles de l’attention et du sommeil, du diabète de type 2, mais aussi sur les artères, le stress et la dépression, ou sur l'état de santé pendant une chimiothérapie, et sur certains problèmes cardiaques, …

De la génétique …

La science a longtemps pensé que la génétique classique, liée à nos gènes (contenus dans notre ADN), était le programme de notre vie et que l’ADN définissait tout ce que nous faisions. Dans ce cadre, seules les manipulations génétiques faites en laboratoire et les mutations résultant de la sélection naturelle permettaient d’agir sur nos gènes en changeant notre code génétique.

Nous pensions alors être définis dès notre naissance par notre patrimoine génétique et ne savions pas qu’il nous était possible d’agir sur l’expression de nos gènes.

A l’épigénétique

En 1942, Conrad Waddington, biologiste anglais, est le premier à parler de « paysage épigénétique ».

En 1999, Emma Whitelaw, généticienne de l’Université de Sydney (Australie) montre pour la première fois qu’une modification épigénétique peut passer à la descendance. En 2002, Gunnar Kaati, épidémiologiste suédois, en étudiant l’impact de l’alimentation d’hommes nés entre 1890 et 1920 sur leurs descendants conclut que la santé des petits-enfants est influencée par des conditions de vie de leurs grands-pères qu’ils n’ont pas connues et dont leur organisme garde la mémoire. (Lire "La petite histoire de l'épigénétique : hérédité au-delà des gènes").

Aujourd’hui, l’épigénétique se définit par "l’étude des changements (héritables et réversibles qui se transmettent en dehors des gènes) modifiant l’expression des gènes sans mutation de l’ADN".

Joël de Rosnay, Directeur de la Prospective et de l'Evaluation de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette, ancien chercheur et enseignant au MIT, explique que notre ADN est comme le système d’exploitation vendu avec un smartphone. Les appli, elles, permettent d’exécuter certaines fonctions inscrites dans le système d’exploitation mais ne peuvent être utilisées que si on les installe et qu’on les ouvre. En ouvrant une appli, on agit alors sur les fonctionnalités du système d’exploitation sans modifier ce dernier mais plutôt en l’enrichissant et en le faisant évoluer. Joël de Rosnay explique que nos comportements sont comme des appli. C’est ce que l’on peut faire avec notre propre corps sur notre ADN. Par nos comportements, on ne modifie pas nos gènes donc pas notre ADN, mais on agit sur leur expression pour les enrichir et évoluer.

Les abeilles - exemple d'épigénétique

Les abeilles sont un exemple précis de l’épigénétique. Toutes les abeilles naissent avec exactement LE MEME patrimoine génétique. Mais lorsque l’on donne à manger de la gelée royale à certaines larves, elles deviennent des reines. La différence entre une larve d'ouvrière et CELLE d'une reine est flagrante. Cette dernière est plus grosse. Elle pond des œufs, arrivée à l’âge adulte, et vit plus longtemps. Donc rien que la prise de la gelée royale permet aux gènes des abeilles de s’exprimer ou non.

Vers une meilleure santé

Ainsi, en modifiant notre comportement quotidien en particulier en adoptant des habitudes nutritionnelles saines, en faisant régulièrement de l’exercice, même de façon modérée, en gérant notre stress, en prenant du plaisir à faire ce que nous faisons, et en sachant pouvoir compter sur un réseau social, familial et professionnel harmonieux et soutenant, notre corps va sécréter des hormones (endorphines, ocytocine, dopamine) qui créent un état de bien-être, contribuent au fonctionnement harmonieux des gènes et donc de nos organes (Lire "Il existe un feedback constant entre le corps et l'esprit").

Ainsi, avec l’épigénétique, au lieu de penser que nous ne pouvions que subir notre patrimoine génétique comme nous l’avons cru pendant de nombreuses décennies, nous redevenons en partie responsables de notre santé. Une sacrée révolution ! Nous avons donc à notre disposition les moyens de redevenir libres de prendre en charge notre bien-être et notre santé. 

Et le yoga dans tout ça ?

5 attitudes à adopter

Le yoga - une clé 

Au niveau mondial, les pratiques thérapeutiques évoluent. De plus en plus de recherches montrent que notre état d’esprit modifie le fonctionnement et la structure de notre cerveau qui à son tour influe sur l’état de notre corps. On parle de santé intégrative, de médecines et de thérapies complémentaires, de pratiques psycho-corporelles, ou de médecines corps-esprit. Leur objectif vise à travailler sur le corps pour atténuer les souffrances de l'esprit, et à travailler sur l'esprit pour atténuer les douleurs du corps (Lire "Une nouvelle pratique de la médecine"). 

De plus en plus régulièrement les chercheurs se réunissent autour des questions qui ont trait à « Science et pratiques corps-esprit » et les études sur ce sujet se multiplient. En décembre 2018, l’Université de la Sorbonne se penche sur la question. Lors du 6ième colloque "Science et pratiques corps-esprit", scientifiques, thérapeutes et pratiquants se sont réunis pour échanger sur les effets avérés de l’ostéopathie, de l’acupuncture, de l’auriculothérapie mais aussi de la méditation, de la musicothérapie, et du yoga. 

Ces pratiques corps-esprit franchissent les portes des hôpitaux et viennent compléter de plus en plus fréquemment les traitements classiques (Lire "Yoga, méditation, acupuncture, hypnose, 9 pratiques face à la science").

Relation cerveau-corps

Les effets de la méditation sont maintenant bien connus du grand public grâce entre autre à la diffusion de la méditation de pleine conscience (« Mindfulness » en anglais) par Jon Kabat-Zinn qui a laïcisé cette pratique et l'a mise au service de la thérapeutique, en particulier pour gérer les épisodes de stress et la prévention de rechutes dépressives.

Les effets du yoga, dont les pratiques méditatives font partie, bien qu’encore assez méconnus du grand public sont l’objet d’un nombre grandissant d’études. Ce sont plus de 4000 études menées ces dernières années qui démontrent qu'en modifiant l'expression des gènes, le yoga agit comme une clé pour améliorer notre santé permettant au corps de fabriquer des molécules qui s’insèrent dans le noyau des cellules (qui vont jouer comme des interrupteurs chimiques qui ouvrent ou ferment certains gènes). Les bienfaits qui en découlent sont multiples : réduction des inflammations, de la douleur, des troubles de l’attention et du sommeil, du diabète de type 2, mais aussi sur les artères, le stress et la dépression, ou sur l'état de santé pendant une chimiothérapie, et sur certains problèmes cardiaques, … (Lire "Le yoga, une nouvelle thérapie").

Le yoga - une thérapie pertinente